Objet: Nouvelles de Téhéran
Date: Vendredi 10 Juillet 2009, 19h10
Je viens de regagner Téhéran. L'aventure est presque terminée puisque je reste en ville demain. Reste à trouver un moyen sûr d'être à l'aéroport à 5h du matin dimanche, puis tout sera fini. Voici quelques nouvelles depuis mon départ de Yazd.
Lundi
Grosse journée de bus pour regagner la capitale. Nous avons traversé le désert durant 10 heures avec une visibilité d'un kilomètre à cause d’un vent de sable embrumant tous les pays. Les Iraniens disent que c'est de la faute des Américains. En effet, la guerre d'Irak nuit à l'entretien des dunes qui sont donc plus vulnérables aux vents du désert. Crédible ? Je ne sais pas. Sinon, il faisait 47 degrés hors du bus, et 17 degrés dans le bus. Quant au film en persan, j'en ai compris que les Américains étaient vraiment très violents et très méchants...
J'ai eu un petit moment de déprime à l'arrivée sur Téhéran où je me suis bêtement fait avoir en suivant un chauffeur de taxi hors de la zone de transit bus / taxi. Après 20 minutes de négociations vaines, il s'est trouvé en situation de monopole, les autres taxis étant partis. La nuit tombant, j'ai du accepter de payer un prix exorbitant (8 euros pour
Mardi
Traumatisé par les taxis, c'est en roller que je suis allé à la gare des bus de l'Est. Soit une heure de roller / skatedrive sur les avenues de Téhéran ! Une telle dose de stress, de bruit, et de pollution restera inoubliable... Je me suis fait déposer par le bus au milieu de son trajet, au carrefour d'une petite route sinueuse montant au village de Reyneh. Ce village est l'un des deux points de départ de l'ascension du Mt Damavand. J'ai fait la montée en roller, malheureusement elle n'était qu'à moitié bitumée et empruntée par des camions. Reyneh est à

Montée en skatedrive au village de Reyneh, portion non bitumée
Arrivé au village vers 14h, je laisse mes affaires de roller et mon gros sac au site de la fédération d'alpinisme. Je marche ensuite en direction du « camp 2 ». Après

Mes compagnons de refuge (Camp 2)
Mercredi
Nous partons tous ensemble pour le camp 3 vers 7h. Voyant que leur rythme est trop lent pour moi, ils m'invitent à ne pas les attendre. La montée est dure, le manque d'oxygène commence à se faire ressentir. Mais la brume s'est levée, on peut voir le sommet et les vallées en contrebas de la pente. Je réalise vite qu'il était utopique de penser monter au sommet situé à

Départ du Camp 2 au petit matin
J'arrive au camp 3 à 11h30, à une altitude de
Je dors tout l'après-midi pour récupérer, et rester au chaud dans mon duvet. L'ambiance du camp est intéressante. Il y a des gens d'un peu partout, et j'y ai vu une jeune Iranienne se permettre de ne pas porter de voile. Des jeunes Tehranis me font aussi part de leur sentiment de vivre dans une dictature. Leurs propos sur l’Islam peuvent même sembler irrespectueux... Comme quoi, trop de rigueur dans

L'ambiance du Camp 3
Jeudi
Réveil à 3h30 du matin. Il faut en effet arriver en haut et redescendre avant que la neige ne travaille trop. Je joins un autre groupe de montagnards iraniens. Cette fois-ci, je reste dans la file même si le rythme est très lent. Nous nous faisons même rattraper par mon groupe de la veille et ne formons plus qu'une file. Pour éviter les combes trop enneigées, nous escaladons les arrêtes rocheuses. La progression est très lente et de plus en plus difficile à cause de l'altitude.

Le lever du jour sur les pentes du Damavand

Montée vers le sommet sur les arrêtes rocheuses
A partir de

Dans le brouillard à presque 5 500 m
Mais j'ai l'impression de ne pas avoir le moindre muscle dans les jambes, et je peine dans l'ascension de l'avant-dernière combe. Qui plus est, les émanations de soufre brûlent la gorge. La visibilité n'excède pas

Pour ne pas respirer les émanations de souffre

Me voici l'homme le plus haut du Moyen Orient, à 5 675 m !
Ils me font prendre part à la fête, mais j'ai de plus en plus mal à la tête. L'un d'eux entame donc la descente avec moi. Les Iraniens descendent avec une technique rapide mais dangereuse. Ils se mettent au milieu de la combe et se laissent glisser sur le dos. Le problème, c'est qu'il peut y avoir des cailloux, des trous, et qu'il est difficile de se diriger. J'essaie donc de descendre en marchant. Mais à chaque pas, je me retrouve avec de la neige jusqu'à la taille et il me faudrait plus de trois heures pour regagner le camp 3.

Mouffles dépareillées trouvées au Camp 3...
Je me lance donc dans la glissade infernale sur le dos, avec mon sac sur le ventre. Mon GPS me dit que je dévale la pente à 35-
Je souhaiterais dormir le reste de la journée au camp puis regagner Reyneh le lendemain. Mais j'ai mal à la tête, le seul remède est de redescendre. Je m'y résous et les maux de tête disparaissent vers
Vendredi
Apres une nuit réparatrice, je me lance pour une dernière étape de roller en Iran. Mon objectif du jour est de franchir un col de près de 3 000m entre les deux villages de départ pour le Damavand : Reyneh où je me trouve, et Polour, plus à l'ouest. La montée au col fait environ
Après
Voilà, je vous dis à très bientôt en France !
Thibaut


9 commentaires:
tout simplement bravo et chapeau, sir thibaut.
récit passionnant de bout en bout.
next stage : kilimanjaro !?
j'ai du le lire des dizaines de fois en plus d'avoir été tenu au courant en recevant tes mails durant ton aventure.
en me proposant de venir avec toi j'etais un peu avec toi en pensée .
cette pensée s'est prononcée durant mes 24 heures du mans .
maintenant je sais que la prochaine fois je serais avec toi pour la prochaine aventure
tchusss
ami : suis très très fier de toi
vraiment impressionnant ce que tu as fait!
respect, de plus tu as rencontré plein de monde et vécu plein d'aventure!
cordialement
Un vrai plaisir de lire ce récit
En attente des prochaines aventures :-)
tu devrais te rapprocher d'eddy matzger, avec goyan et consort vous devriez pouvoir patiner en team jusque sur la lune !
http://www.skatecentral.com/custom/videos/kili.videos/kili.article.html
http://www.rollerenligne.com/fr/news.php?id=7777&pratique=0
Salut on ne se connait pas mai j'ai trouvé un lien vers ton blog sur le site de ReL et j'ai tout lu du début à la fin. Impressionné par tes exploits mais aussi par l'hospitalité dont les iraniens font preuve, qui malheureusement est méconnue du grand public.
bonne continuation
a bientot
valus
Passionnant à tout point de vue !
C'est vraiment généreux de ta part de partager avec nous ce genre d'expériences : Merci sincèrement et Bravo pour tes exploits.
Nadia
on the road again...
tes récits sont toujours aussi passionants et permettent de voyager au long cours par procuration
Fred
J'ai vu ton lien sur le site atomicksate.com et je dois dire que je pensais pas lire tes aventures.
Mais voilà, j'en ai lu plusieurs, et je trouve fabuleux ce que tu as fait.
Bravo,
Un fille qui aime le roller
Enregistrer un commentaire